Troupe de la Cité
 
 
Contact :

Troupe de la cité
52 bis rue de l'égalité
69700 GIVORS
Tél : 06 68 68 04 51

Mail :
contact@troupedelacite.org
 
 


 
 

Tous, de la Troupe de la Cité, nous nous sommes accordés à dire qu’il était temps de rendre hommage à cet homme de la littérature française tant aimé, Victor Hugo. Ainsi proposer une adaptation de son roman Les Misérables, sur deux saisons, nous paraissait évident. Les personnages emblématiques de ce roman sont inscrits dans les esprits de chacun. Mais surtout, ce roman reflète le contexte actuel : une société marquée par de l’injustice sociale et par des individus en recherche de perspectives communes et de morale encline à comprendre le monde qui nous est offert. Une société où l’Homme se confronte à sa conscience…

Nous voilà donc plongés dans une France du début du 19ème siècle entre la bataille de Waterloo et les émeutes de Paris de 1832. Une des premières tâches fut pour chacun de s’instruire sur le contexte de la France de cette époque. Force était de constater que les repères historiques, sociologiques et politiques étaient manquants voire absents pour certains d’entre nous. Puis il nous fallut se saisir du texte et remarquer que peu avait déjà lu dans son intégralité cette œuvre si populaire. Certains pensaient y voir la Révolution Française, d’autres uniquement des personnages comme Cosette, Gavroche… mais au final nul ne connaissait cette œuvre. Nous fîmes alors preuve d’humilité… il était temps de se mettre au travail ! Et ce, dès la première page…

Ainsi le tome I du roman commence par ce texte :

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutile. »

Victor Hugo, Hauteville House, 1 er janvier 1862.

Dès le début de son roman, Victor Hugo annonce la nécessité de résoudre les maux qui touchent de façon effroyable les Hommes de la société. Sa manière d’introduire ces résolutions passe dès le livre premier par celui d’ « Un Juste », l’évêque Myriel, celui que l’on surnomme le « bienvenu ». Tout au long du travail d’adaptation et de mise en scène, nous réalisons que Victor Hugo s’attaque plus aux effets qu’aux causes du système de l’époque où le capitalisme subissait déjà de grandes crises. L’action de chaque individu passerait par sa morale et sa bonté et serait le levier essentiel de l’émancipation du peuple. En effet, très croyant, Victor Hugo considère que la charité chrétienne participe à l'amélioration de la condition humaine et de l'avancée collective. Ainsi l’évêque Myriel incarne cet homme dont le fait d’être juste prime sur toutes les actions de sa vie. « Être saint, c’est l’exception ; être juste, c’est la règle… »

Puis, au fil du roman, Jean Valjean, le forçat, va croiser cet homme et deviendra à son tour un « Juste » : Mr Madeleine. Soucieux de répandre le bien grâce à sa manufacture prospère dans la ville, il incarne ainsi le patron dans son sens étymologique complet du terme, celui de père, de religieux, de maître, de commandant, de protecteur, … incarnation morale et non économique où, dans la société de l’époque du 19ème siècle, les stigmates de l’exploitation de l’homme par l’homme étaient déjà bien visibles. Là encore, si le patron en tant qu’homme est juste, il en découlerait du bien commun.

Nous devons alors réfléchir sur ce que les Hommes peuvent considérer comme juste dans leurs actes. Enfant, ce qui peut être juste, peut relever de l’addition rencontrée à l’école, par exemple : 1 + 1 = 2. Être juste se rapporte alors à être sûr de ne pas se tromper, d’être sur la bonne voie. Or ce qui peut sembler évident à travers un simple calcul, un exercice d’école, se complique grandement à travers d’autres exercices relevant de sciences comme la sociologie ou la politique. Là, il n’est plus question d’invariant. Ce qui est juste dans un contexte historique donné peut s’avérer faux dans un autre contexte. Objectiver ce qui est juste semble alors très compliqué.

Ce qui est juste peut être compris comme ce qui est conforme au droit (jus ou ius : c’est le droit en latin).
Mais la Justicia chez les Romains est précisément la science du bon et de l’égal (ars bona et æqui).
Donc le juste porte l’idée de bon et égal à tous (voir l’idée d’égalité, d’équitable dans l’expression ex-æquo). Le juste s’oppose à l’injuste, l’inéquitable, et dans une certaine mesure à l’inégal, et aussi à ce qui est mauvais.
En français il y a aussi l’idée de ce qui est “droit” : agir selon des principes, rectitude, honnêteté.
« Enfants, on était pas riches, mais on a tous poussé droit »
L’idée de juste en soi, universel, s’oppose à la subjectivité, l’égoïsme.[1]

Ainsi lors de nos répétitions, nous divergeons dans nos interprétations, nos points de vue. Comprendre ce roman s’avère compliqué. Nous nous posons alors la question. N’est-ce pas un paradoxe chez Victor Hugo de penser que la morale peut-être le déterminant essentiel de l’émancipation des Hommes ?...

Quoiqu’il en soit nous nous laissons porter par les écrits de l’auteur et la beauté du son phrasé qui nous amènent à être persuadé que l’Homme par son libre arbitre peut décider de son avenir et envisager un possible progrès pour l’humanité et, qu’ainsi, il y ait moins de Misérables, aussi bien d’un point de vue social que moral….



 
 
Prochaines Représentations
Samedi 7 Octobre - 20H30
Ferme de Richagnieux
Sainte Catherine (69) - Plan
Dimanche 8 Octobre - 15H00
MJC de Givors
Givors (69) - Plan
Mardi 7 Novembre - 20H30
MJC Monplaisir
Lyon (69) - Plan
Mercredi 8 Novembre - 20H30
MJC Monplaisir
Lyon (69) - Plan
Dimanche 26 Novembre - 15H00
Théâtre du Vieux Givors
Givors (69) - Plan
 
 
“... un théâtre populaire est un théâtre dont les préoccupations doivent être civiques et sociales d’abord, et de qualité bien sûr.”

Jean Vilar